Vers de minuit/6.Visite nocturne
Ils sont tous partis et nul n’est revenu
Ce n’est pas sur l’asphalte jonché de feuilles mortes
Que tu m’attendras,
C’est dans un adagio de Vivaldi que toi et moi
Un jour on se reverra.
De nouveau les bougies seront d’un jaune terne,
Ensorcelées par le sommeil,
Mais l’archet ne demandera pas comment tu es entré
La nuit dans ma demeure.
Dans une plainte mortelle et muette ces heures
S’écouleront,
Et toujours tu liras au creux de ma paume
Les mêmes merveilles.
Alors viendra t’emporter ton angoisse,
Devenue fatalité,
T’emporter loin du seuil de ma porte,
Dans le ressac glacé.
10-13 septembre 1963, Komarovo

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