Donc je travaillerai à m’en arracher les pieds, car il faudra bien ça pour parvenir au territoire où se terre la Belle au Bois Dormant depuis si longtemps déjà.
Ce sera une recherche (financée en partie par la Fédération Wallonie Bruxelles, oui oui) consacrée d’une part de rêveries, de flâneries, de dispersions et d’autre part de lectures roboratives à propos de l’art du conte (pour éviter que mes dispersions n’emmènent l’objet de mon travail là où il ne s’appellerait plus conte, ce qui mettrait à mal toute la complexe construction narrative sur laquelle repose mon identité). Tout ceci n’a rien d’extraordinaire. C’est exactement ce que tout le monde fait (divaguer ET travailler, ce qui revient à œuvrer), quelle que soit la discipline (artistique en tous cas, mais pas seulement).
Mais quel est donc cet « objet de mon travail »? Je l’ai déjà laissé entendre, il s’agit du conte de la Belle au Bois Dormant. Conte en assez mauvaise posture de nos jours. Il serait la cause de la fausse route massive opérée par une part significative de la population, conduisant au saccage de ce dont on attendait le meilleur : la relation amoureuse.
Il se fait que j’ai aimé ce conte dans mon enfance, au-delà de toute mesure. Et comme j’ai juré loyauté à mon enfance et à tout ce qui s’y rattache, je dois y retourner pour examiner si l’objet de mon adoration n’était véritablement qu’une vicieuse imposture. J’avoue ne pouvoir y croire. Quand on a vu de ses propres yeux la lumière de la merveille, on court un risque majeur à se laisser démentir.
C’est un chemin qui demande précaution et patience. Et solitude aussi. Silence, bien sûr. Donc je vais me faire un peu discrète ces prochains mois. Pas nécessairement sur ce site, où je vais abondamment publier de citations. Et peut-être certaines choses surgies de ce lieu en soi dont on ignore tout. Mais je ne conterai pas beaucoup. Je dirai souvent non, si on me le demande. Je préfère avertir.
L’image ci-dessus est une photographie de l’artiste Ana Mendieta.

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