Oui, l’image nous atteint avant les mots, c’est en ce sens qu’elle est déterminante de notre rapport au monde. Elle le structure comme une architecture de ponts vers et par ce que nous ne sommes pas. C’est la première force de séduction qui nous relie à l’altérité. A l’inverse des mots qui nous en tiennent à distance, mais pour mieux y ramener, de détours en détours et de sorte à ne pas finir d’éclairer toujours différemment cette altérité qui en devient autre. Il y a quelque chose de vertigineux dans cette émulation entre les mots set les images, les mots surgissant pour dire ce qui ne peut être montré et les images apparaissant pour donner forme à ce qui ne peut être dit. Que nous le voulions ou non, nous vivons de cet étrange jeu entre les mots et les images. C’est en réalité notre respiration sensible qui s’y manifeste.

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