os : où je me relie aux squelettes d'autres vivants/racines : où je déploie mes propres traces vivantes

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Le cerf cathédrale

Il a embroché la bienfaitrice et a poussé haut son brame.

Puis, effrayé de lui, il a disparu dans les taillis.

Le sang de la bienfaitrice a coulé le long de ses bois, a coulé dans ses yeux.

Devenu aveugle, lui.

Dans la forêt profonde, c’était sans importance.

De son poitrail émanait une lumière. Elle écartait les arbres sur son passage.

Les ronces s’accouplaient sans vergogne et tressaient leurs chairs épineuses le long des troncs des hêtres-cathédrales.

De terre a jailli un cheval noir, d’une autre puissance que la sienne.

Il l’a suivi.

L’odeur chevaline, Athanor de son désir, piquait ses paupières dissoutes.

Il a poussé haut son brame.

Les noces eurent lieu à l’aube, dans une clairière argentée.

La jument hennit si fort que les yeux du cerf se dessillèrent.

C’était sans importance.

Ils disparurent dans la forêt profonde.

©Catherine Pierloz – 2017

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